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Crise et deuil (s) : quelles sont ces émotions que nous vivons en ce moment ?

Après 5 semaines de confinement et plusieurs allocutions présidentielles, nous avons tous bien compris que demain, ne sera plus comme avant... En effet, comme pour toute crise, des changements profonds sont en train de s'opérer en chacun de nous, mais aussi dans les sociétés du monde entier. Une crise en soit, est plutôt une bonne chose, même si, quand nous sommes en plein dedans, elle peut paraître ardue, voire insurmontable. Par la suite, elle se révélera salvatrice et nous comprendrons qu'elle était nécessaire. Cela me fait penser à la transformation de la chenille en papillon, qui se réalise au travers d'une période ou la chenille se transmute en chrysalide, avant de devenir papillon et de voler vers d'autres cieux.


Si l'on reprend les définitions de la crise, nous trouvons l'idée d'une « manifestation brusque et intense de certains phénomènes, marquant une rupture », ou encore "une situation de trouble, due à une rupture d'équilibre et dont l'issue est déterminante pour l'individu ou la société ». Les termes sont relativement durs et marquent le fait d'une transformation, obligatoire pour sortir du trouble et retrouver un état d'harmonie et d'équilibre.


C'est ainsi que nous pouvons éprouver en cette période de crise, diverses émotions différentes, mais aussi des émotions relatives au processus de deuil. Le deuil n'est pas seulement le fait de vivre le décès d'un être cher, mais il représente plus globalement, le fait de vivre une perte, quelle qu'elle soit. Perdre un emploi, perdre des habitudes, perdre ses repères, etc, sont autant de pertes que nous vivons actuellement, à différents niveaux, individuellement et collectivement.






Le deuil est bien un processus, c'est-à-dire qu'il nous faut traverser plusieurs états (étapes), avant de pouvoir en sortir. Voici les différentes étapes du deuil :



1 – Le choc et le déni :


Suite à une nouvelle douloureuse, nous pouvons nous retrouver dans un état de choc et de déni. Cela signifie que nous ne sommes pas prêts à accepter la réalité de la situation. Ce que nous vivons est trop douloureux pour parvenir à y faire face et nous allons alors agir comme si de rien n'était. Ce mécanisme de défense est présent, pour nous aider à ne pas décompenser face à l'impensable.


Par exemple, nous avons pu voir, au début du confinement, des personnes qui continuaient à sortir, comme si de rien n'était, comme si elles ne réalisaient pas ce qui était en train de se dérouler autour d'elles.




2 – La colère :


La colère est une émotion normale lorsque l'on vit un deuil. Nous pouvons à ce moment-là, en vouloir au monde entier et nous en prendre à nos proches, la douleur étant trop difficile à gérer et à supporter seul. Elle peut être relative à des sentiments d'injustice ou à des prises de conscience éprouvantes.


Par exemple, nous pouvons nous sentir en colère lorsque nous voyons les injustices sociales que cette pandémie met en avant dans notre société, ou nous pouvons être en colère de savoir qu'un de nos proches est atteint par le virus et n'a pas pu être sauvé.




3 – Le marchandage ou la négociation :


Dans cette étape, nous allons tenter de trouver un moyen d'inverser la situation, de la compenser, pour faire comme si elle n'existait pas, comme si elle n'était jamais arrivée. C'est le moment où nous pouvons nous sentir frustré et où nous allons commencer à blâmer les autres pour ce qui s'est passé.


Par exemple, nous allons demander à pouvoir continuer de sortir et de vivre comme avant, simplement en mettant un masque. Nous en voudrons à nos mairies qui n'ont pas pris l'initiative d'en acheter.




4 – La tristesse et la dépression :


Lorsque nous vivons un deuil, nous ressentons souvent de la tristesse, qui peut être plus ou moins intense. Elle peut aussi perdurer, nous conduisant à être dans un état dépressif ou en dépression. Pour rappel, les symptômes de la dépression sont entre autres, l'apathie, la perte de l'élan vital, les pleurs intempestifs, etc. Cette phase est une des plus difficiles, car nous sommes alors face à nos émotions les plus profondes.




5 – La reconstruction et l'acceptation :


Cette phase est celle qui bouclera notre deuil si et seulement si, nous avons pris le temps de vivre pleinement nos différentes émotions. Lors de celle-ci, nous allons commencer à nous rouvrir à la vie, aux autres et ainsi nous réconcilier avec la réalité. Nous pourrons chercher des solutions et des moyens pour avancer, évoluer et reprendre contact avec notre vie, qui aura nécessairement changé au travers de cette expérience de deuil. Nous porterons peut-être un nouveau regard sur la vie, nous aurons peut-être développé de nouvelles valeurs, de nouveaux objectifs. Lorsque nous sommes dans l'acceptation, cela libère de l'énergie, une nouvelle pulsion de vie et nous nous sentons prêts à affronter les futures expériences de la vie.






Il faut savoir qu'au cours de ce processus, nous pouvons passer d'une étape à une autre et même revenir à certaines étapes plusieurs fois. Le deuil est propre à chacun et fait appel aux capacités de résilience de chaque personne. Il peut durer plus ou moins longtemps, la moyenne suite à un décès, étant d'environ 1 an. Mais ce que nous vivons actuellement peut nous faire vivre de multiples deuils et il est ainsi difficile de pouvoir projeter le temps que cela prendra pour en sortir complètement.


Néanmoins, pour vivre « au mieux » ces deuils, il va s'agir d'accueillir nos émotions, de prendre le temps de les vivre dans notre âme et de les ressentir dans notre corps, même si cela peut être douloureux. En effet, plus nous les mettrons de côté et plus elles auront de chances de réapparaître à un autre moment de notre vie, avec toujours autant d'intensité. Pour vous aider, vous pouvez vous référer à un de mes articles intitulé « 4 étapes pour mieux gérer vos émotions », que vous trouverez sur mon blog.


Les émotions, mêmes difficiles, sont essentielles et font de nous des êtres humains. Être humain et s'accepter, signifie entre autres, d'accepter nos ressentis, émotions, sans les juger, sans nous juger. Il nous est même possible d'accepter que pour le moment, nous n'acceptons pas telle ou telle chose de notre vie. C'est là, la force de l'acceptation.



Au-delà de ces propos, si vous vous sentez bloqué dans l'une ou l'autre de ces phases, dans cette crise, ou encore que votre deuil perdure dans le temps, je vous invite à prendre rendez-vous auprès d'un psychologue, qui pourra vous soutenir et vous orienter au besoin. Cela permettra en outre, de prévenir le risque de stress post-traumatique, inhérent au vécu d'un choc émotionnel. Un deuil se vit « mieux » lorsque nous pouvons le partager et l'exprimer à l'autre. Car à ce moment-là, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas seuls et que la Vie prend toujours le dessus.



Bien à vous,




Marjolaine THOMAS

 

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